L’allumage piézo-électrique

L’aide au développement classique consiste à apporter des fonds aux pays partenaires pour leur permettre de développer leurs projets ou pire parfois, pour développer nos propres projets, en ne tenant que moyennement compte des besoins réels des populations.

L’exemple d’Haïti, ou l’argent déversé depuis des années n’a que très peu servi à l’élévation des conditions de vie de la population est caricatural, mais malheureusement pas unique. En fait pour être véritablement efficace, l’aide au développement doit s’appuyer sur une réelle volonté exprimée par les citoyens et par leur implication directe dans la gestion des projets mis en oeuvre.

Pour illustrer cette idée, j’ai utilisé l’image de la cuisson. Pour faire bouillir de l’eau, il faut qu’il y ait du gaz. Si le gaz n’est pas là, vous aurez beau appuyer sur le bouton d’allumage, l’étincelle jaillira, mais le feu ne prendra pas. Le gaz, dans cette illustration, c’est l’énergie des habitants, la volonté des autorités locales à mettre en place le projet. L’étincelle, c’est l’aide apportée par le partenaire. Trop souvent, le partenaire apporte aussi une bouteille de gaz de camping, qui donne l’illusion que les aliments vont pouvoir cuire… mais une fois la bouteille terminée, plus de cuisson. Il faut recommencer à zéro. Et les partenaires n’ont pas vocation à fournir le gaz de camping en permanence. C’est donc en s’appuyant sur les forces vives du territoire que le développement peut s’installer de manière durable.

La semaine dernière, j’ai apprécié les projets de Dschang au Cameroun qui, avec l’étincelle apportée par la Ville de Nantes, a mis en place les outils d’un développement pérenne autour d’agences municipales pour gérer l’eau, l’énergie ou les déchets. Les citoyens sont régulièrement associés au sein de comités locaux de gestion, augmentant ainsi leur implication et leur niveau d’exigence vis à vis des autorités locales. Cela enclenche un process vertueux en encourageant les bonnes pratiques de démocratie locale. La Mairie peut aussi aller à la recherche de nouvelles sources de financement en s’appuyant sur ces expériences réussies et sur la confiance crée avec des partenaires auxquels elle rend régulièrement des comptes. Là aussi, une spirale vertueuse est enclenchée qui facilite la mise en place de nouveaux projets de développement.

Les relations de partenariat peuvent maintenant s’émanciper et se faire sur un niveau d’égalité. Mais cela n’a pu se faire que grâce à la volonté de quelques décideurs camerounais et à l’implication des populations qui ont fourni le gaz nécessaire à la cuisson. L’étincelle fournie pour allumer ce gaz, apportée par Nantes, était peut être nécessaire, mais pas suffisante.

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