Ruralité v/s Métropolisation

La métropolisation est en route avec son rouleau compresseur. 
Le salon RuralTIC qui se tient cette semaine dans le Cantal est l’occasion de réfléchir à des modèles de développement alternatifs. 
Un exemple de l’importance des outils numériques pour développer l’attractivité d’un territoire nous est donné de l’autre coté du Channel. 
La Cornouaille, région de la pointe sud-ouest de l’Angleterre, vit une véritable révolution numérique. Début avril 2015, 95% des habitants et entreprises de cette campagne reculée seront éligibles à une connexion très haut débit, jusqu’à 330 Mbps.
De quoi contribuer à réanimer une économie locale assommée par la désindustrialisation et centrée depuis sur le tourisme, l’agriculture et la pêche.
Ce programme démarré en 2010 est le fruit d’un investissement de 180 millions d’euros partagé entre le fonds de développement régional de l’union européenne, qui a financé 40% de l’opération et British Telecom.
Si cela reste un investissement significatif, Ranulf Scarbrough, directeur du projet « Superfast Cornwall » pour BT reste persuadé qu’il sera porteur de nombreuses retombées positives, en particulier pour les habitants les plus isolés de cette région… comme ceux des îles Scilly, un archipel situées à 45 kilomètres des côtes britanniques et également connecté au réseau fibre. « Dans une zone rurale, voire au milieu de la mer, les bénéfices apportés à l’utilisateur par des services en ligne comme le e-commerce sont beaucoup plus importants qu’en ville, où vous êtes sûr de trouver ce qu’il vous faut au coin de la rue ! », souligne-t-il.
C’est un moteur essentiel pour une économie locale en pleine transformation.
Pour les entreprises de la région, le réseau fibre représente un atout non négligeable. Mise en ligne bien plus rapide de vidéos et autres contenus, possibilité de travailler depuis son domicile, de réaliser des conférences-call sans coupure ou encore des communications à l’international via la VoIP (la voix sur réseau internet) sont les principaux avantages qui reviennent dans la bouche des dirigeants de sociétés mais aussi des start- up.
Car oui, avec ses plages et son ambiance relaxante, la Cornouaille rêve de s’imposer comme la Silicon Valley version british. Pour créer un écosystème numérique digne de ce nom, un cluster tech a été mis en place et associe les universités de Falmouth et Plymouth. Avec des formations dédiées, des incubateurs et accélérateurs, ce cluster mise notamment sur les secteurs de l’animation et des jeux vidéo, de la e-santé ou encore de l’agriculture 2.0 pour attirer étudiants, entrepreneurs et investisseurs.
Un programme ambitieux pour cette région anglaise qui compte seulement 500 000 habitants – soit l’équivalent d’une ville comme Sheffield en Angleterre, ou Lyon en France. Lieu de villégiature réputé au Royaume-Uni, la Cornouaille souhaitent se positionner comme alternative à un Londres certes hyperactif sur le plan économique mais où la qualité de vie et le pouvoir d’achat ne sont pas forcément au rendez-vous.

D’après un article de Julien Bonnet, pour Usine digitale

A quand une Silicon Valley dans nos Cornouailles bigoudènes et capistes ? 

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