Envie de toi(t) : l’érotisme du territoire

Je voudrais vous faire partager un article découvert sur le site blog.sennse.fr sous la plume d’Olivier Genevois. Il est le co-directeur de l’ agence Sennse, première agence de communication et de concertation dédiée aux enjeux urbains : mobilités, environnement, habitat, grands projets d’infrastructure.
J’y ai retrouvé l’idée de Boris Maynadier sur les motivations qui doivent être à la base du marketing d’un territoire. Les gens ne viendront sur un territoire que s’ils en ont envie et s’ils peuvent y développer un projet de vie pour un week-end ou pour plus si affinités…
Voici donc cet article :
« Quelques élus de collectivités territoriales refusent encore l’idée même d’une mise sur le marché, d’un marketing donc, de leur territoire. Par idéologie parfois, par rejet des méthodologies de leurs supposés conseils encore, par crainte de devoir se définir et donner forme créative à leur imagination souvent. Arguant que le fait même d’exister suffit amplement et que, quoi qu’il en soit, des hommes et des femmes vivent et viendront vivre ici. Je vous l’assure, c’est du vécu !
Ces décideurs font ainsi fi d’une donnée absolue : l’envie. L’envie des hommes et des femmes de vivre ici et pas ailleurs, tout simplement parce que ici ça leur plait ! Simplet ? Un peu facile comme raisonnement ?
Quelles sont les raisons qui nous amènent sur un territoire, sédentaires que nous sommes ?
Au premier rang de ces « motivations » je positionnerais la naissance. Eh oui, je vis ici parce que j’y suis né, tout simplement. C’est le fameux truc des « racines » et c’est pour nombre d’êtres humains une raison valable voire non négociable. Ça fonctionne tant que l’économie locale le permet, ça se transforme en exode lorsque les employeurs délocalisent, mutent, s’évanouissent, se dispersent…
La localisation des emplois est donc la deuxième force d’attraction d’un territoire. Ce sont eux qui attirent, qui créent les flux. Un territoire dont les acteurs économiques embauchent est un territoire qui augmente le nombre de ses habitants, tout au moins de ses salariés. Mécanique. Mais parfois insuffisant, car l’objectif numéro 1 de celui qui aura été contraint de migrer consistera souvent en un leitmotiv : retourner au bercail. Regardez autour de vous, je suis persuadé que vous connaissez quelques uns de ces Parisiens qui ressassent à longueur de journée qu’ils vont repartir-dans-leur-province-natale-parce-que-là-bas-la-qualité-de-vie-est-tellement-meilleure-mais-qu’il-faut-tout-de-même-trouver-du-boulot-avant-de-partir.
Car si manque l’envie de vivre ici, rien n’est possible à long terme. L’envie est le moteur fondamental du choix ou du rêve de localisation. J’ai envie de vivre en Auvergne, j’ai envie de vivre au soleil, j’ai besoin d’être proche de la montagne, je ne peux pas vivre sans un musée à moins d’un kilomètre, etc. Les envies sont aussi nombreuses que les êtres.
Le marketing territorial c’est la gestion des possibles du territoire ; son érotisme en quelque sorte. De tous ces petits trucs qui créent l’envie, celle d’y aller pour les vacances, d’y faire un tour, d’y passer sa vie ou sa retraite, d’y retourner, celle d’y trouver un nouveau départ. Le marketing territorial c’est l’entretien de ces mille petits désirs qui feront prendre une grande décision : partir. C’est pour cela qu’il est indispensable. Et qu’il peut prendre toutes les formes et pas obligatoirement celle d’un logo et d’un credo franglais aussi réussi soit-il. L’envie peut se nourrir de tous les imaginaires. »

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