Quelle Bretagne ?

Charles Edouard Houlier Guibert,animateur du blog Communication&Territoires et professeur de gestion à l’Université de Rouen, a produit une analyse du discours des médias nationaux sur la Bretagne dans les 4 jours qui ont suivi le lancement de la marque Bretagne.

Il met en évidence la difficulté de changer une image, surtout lorsque celle ci est bien ancrée dans l’imaginaire collectif comme peut l’être celle de la Bretagne. Ce qui m’amène d’ailleurs à m’interroger sur le fait de construire une image à partir de la perception de son territoire. En interrogeant les Bretons sur la Bretagne, ils n’auront pas la même idée que les Bourguignons (pour ne pas citer les Parisiens). Or ceux qu’il faut convaincre ce ne sont peut être pas les Bretons, mais les autres … Débat à suivre et à argumenter. Car une belle marque de territoire s’appuie essentiellement sur ses propres habitants pour convaincre les autres… Mais la partie que j’ai trouvé la plus intéressante dans l’article de Mr Houlier Guibert est la conclusion qui formule une interrogation que je souhaitais partager sans avoir eu le temps de bien la formuler. Je le cite : D’autant qu’il est intéressant d’observer que la marque Bretagne se positionne comme un label récupérable par tout type d’acteurs locaux et prend ainsi la même place que la marque déjà existante « Produit en Bretagne », née d’initiatives privées qui durent depuis 1993. Ce label présent sur plus de 3000 produits alimentaires ou culturels connaît de bons scores : 96% de notoriété en Bretagne en 2010 ; de 21% à 49% de 2008 à 2010 en Ile-de-France. Certes, c’est un lobbying qui est axé sur une dimension commerciale et identitaire, là où la nouvelle marque Bretagne est une initiative publique à vocation identitaire d’abord. Mais c’est bien l’agence de développement économique qui porte cette marque, ce qui témoigne de la vocation économique de ce nouvel outil en plus de l’accompagnement identitaire. L’ensemble des acteurs locaux se sont regroupés derrière cette nouvelle marque (Conseil régional du tourisme, Conseils généraux…) mais l’on peut déjà s’interroger sur un doublon entre initiatives publique et privée, la première étant peut-être orientée vers une communication institutionnelle et la seconde vers une communication produit. Produit en Bretagne est devenu en 15 ans un vrai signe de reconnaissance pour les consommateurs, pour des produits fabriqués en Bretagne(l’association prend pour frontières la Bretagne historique, y incluant donc la Loire-Atlantique), selon des règles d’éthique et de qualité. De nombreux consommateurs lui font confiance dans leurs achats. L’ambition économique et les valeurs de solidarité mises en avant par Produit en Bretagne en font une héritière du CELIB, le Comité d’étude et de liaisons des intérêts bretons. Fondé en 1950, l’organisme a regroupé au-delà des clivages politiques toutes les forces vives de la Bretagne et connu son apogée au milieu des années 1960. Pour une défense des intérêts bretons « transcendant les intérêts singuliers », il regroupait à cette époque l’ensemble des parlementaires bretons, les conseils généraux, 1 200 communes dont les maires des grandes villes bretonnes, l’ensemble des syndicats ouvriers (CGT, CFDT, FO, CFTC), les organisations patronales, les chambres de commerce et d’industrie, les chambres des métiers, les universités et les associations de défense de la culture et de la langue bretonne. Ce « lobby breton » a obtenu de nombreux aménagements (le Plan Routier Breton par exemple) et est à l’origine du processus de régionalisation en France. Comment le Conseil Régional, avec toute la force de frappe qu’il peut mettre en œuvre, va-t-il développer cette synergie ? Comment Nantes et Rennes, qui sont toutes deux en train de travailler sur leurs marques respectives vont-elles faire passer leurs singularités alors qu’elles viennent juste de comprendre qu’elles ne peuvent exister au niveau européen qu’en s’unissant ? Comment Saint Nazaire avec son « Audacity » développée en anglais pour s’adresser au territoire français, va-t-elle renouer avec ses racines bretonnes ?

2 thoughts on “Quelle Bretagne ?

  1. C'est du baragouin (Bas-breton, bara, pain, et gwîn, vin ; mots que les Français entendaient souvent dans la bouche des Bretons, et qui leur servirent à désigner un langage inintelligible. La tradition qui rattachait baragouin à la Basse-Bretagne est conservée dans ces vers d'une chanson citée dans le Dict. bas-breton de Villemarqué, p. XL : Baragouinez, guas De basse Bretagne, Baragouinez, guas, Tant qu'il vous plaira. Guas est le bas-breton guas, vassal.)

    Voir les échanges entre Cécile Duflot et Jean-Yves Le Driant le Président du Conseil Régional à propos des algues vertes conséquences de la production bretonne.

  2. TOURISME
    La région et les départements bretons cassent les codes de communication
    X. Debontride | Régions | Publié le 21/03/2011 | Mis à jour le 22/03/2011
    Pour sa nouvelle campagne de promotion touristique en direction des Franciliens, la Bretagne abandonne les paysages pour afficher des personnages emblématiques, sur fonds noir.

    Un petit garçon en marinière rayée, bannière de pirate au vent. Une jeune femme à la pose hiératique, épuisette sur l’épaule. Un marin new-look moulinant un winch rutilant… La nouvelle campagne de communication touristique de la Bretagne que les franciliens découvriront à partir du 22 mars dans les couloirs du métro et dans la presse rompt avec les codes traditionnels. Exit les paysages de carte postale, place au « code de marque » régional, avec cinq affiches inattendues de personnages emblématiques mais assez irréels, sur fonds noir flanqué du triskell, le célèbre symbole breton à trois branches, avec un slogan très « haute couture » : « la Bretagne corps & âme, collection séjours 2011 ».

    Moderniser l’image de la Bretagne

    Un parti-pris original parfaitement assumé par les cinq promoteurs de la campagne, le comité régional du tourisme et les quatre comités départementaux (Finistère, Morbihan, Côtes d’Armor et Ille-et-Vilaine). « Nous travaillons ensemble depuis dix ans dans le cadre d’une campagne mutualisée. La dernière campagne d’affichage à Paris remonte à 2008. Cette année, nous avons souhaité nous faire remarquer, avec un ton différent, sans introduire de démarche concurrentielle entre les destinations. Il s’agit de moderniser l’image de la Bretagne en mettant en avant des personnages auxquels les franciliens peuvent parfaitement s’identifier », explique Maria Vadillo, présidente du CRT de Bretagne.

    Des séjours et des week-ends

    La campagne, conçue par l’agence parisienne Cadra Solaire, vise à déclencher les séjours et les week-ends, en incitant les franciliens à se connecter sur un site internet dédié, http://www.ma-bretagne.fr [1], et à réserver en ligne parmi une sélection de 80 produits touristiques innovants (20 par département). Coût de l’opération qui se déclinera jusqu’à la fin 2011 en plusieurs vagues : 250 000 euros, financé à parité par les 5 partenaires. A noter que l’Ille-et-Vilaine communique sur ce support sous sa marque touristique « Haute-Bretagne ».

    Cette initiative s’inscrit dans la démarche de la marque « Bretagne » adoptée récemment par la région. En 2010, la fréquentation touristique régionale a représenté 97,6 millions de nuitées, avec une progression de 2,5% de la fréquentation des « bords de saison » (avril-mai-juin et septembre) particulièrement visés par la nouvelle campagne et qui représentent déjà 30% des nuitées totales.

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