marquer la ville


La mairie de Berlin a changé le piéton de ses feux pour en faire un outil de communication.
Ce petit bonhomme avec son chapeau devient maintenant un élément de marque de la ville. Vous le trouverez décliné sur tous les supports publicitaires imaginables T-Shirt, sacs, mugs, posters, …
Voilà un exemple de déclinaison d’une marque de ville qui au départ pilotée par la ville, est maintenant totalement appropriée par le secteur privé.
Le logo « officiel » de la ville, connu dans le monde entier est la porte de Brandebourg stylisée, symbole fort d’une cité réconciliée. Mais se développe de manière parallèle des éléments comme celui ci qui viennent renforcer l’aspect créatif de la ville.
L’architecture forte, en particulier dans l’ancienne zone est, et la gestion des espaces publics donnent à la ville une marque de territoire qui m’ont donné envie d’aller y vivre. C’est une des rares villes européennes ou j’ai ressenti cette envie de m’installer quasi immédiate.

2 thoughts on “marquer la ville

  1. Il n’est pas certain de la mairie de Berlin ait choisi de changer les feux pour faire de la communication. L’histoire du petit bonhomme, ou « Ampelmann » est liée à la réunification allemande et au phénomène récent appelé « Ostalgie ». En effet, ce personnage existait à l’Est mais pas à l’Ouest. Il avait quelque peu disparu avec la chute du mur avant de devenir un « symbole », on a même vu apparaitre un « Comité pour la sauvegarde de l’Ampelmann ».
    Plus d’info sur le site de l’emission Karambole d’Arte : http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/karambolage/Cette_20semaine/Emission_20du_2021_20Janvier_202007/1404854.html

  2. Merci beaucoup pour votre commentaire. Je joins ci dessous un extrait du texte d’Arte qui éclaire bien sur l’origine de ce petit bonhomme. Il n’empêche que l’idée pourrait être reprise car c’est un media original qui « marque » bien la ville .

    En déambulant dans Berlin-Est, vous l’avez certainement croisé : si, souvenez-vous, ce monsieur rondouillard à chapeau… Vert, il marche ; rouge, il ne bouge plus : voici l’Ampelmann est-allemand.
    Les premiers feux pour piétons de l’Allemagne de l’Ouest, arborent un grand WARTEN : attendre et GEHEN, traverser.
    En Allemagne de l’Est, le psychologue Karl Peglau nourrit un projet lumineux : créer un feu plus voyant et mieux adapté aux enfants. C’est ainsi qu’en 1961, il coiffe l’Ampelmann d’un chapeau, lui dessine un corps trapu et un petit nez en trompette. Du coup, son signal lumineux est plus large, il est presque deux fois plus imposant que son concurrent de l’Ouest. Il choisit aussi des symboles explicites : si le petit bonhomme est vert, son pas dynamique et sa silhouette en forme de flèche vous invitent à traverser. S’il est rouge, ses bras écartés vous indiquent clairement qu’il faut attendre.

    Coté Ouest, les bonshommes remplissent leur mission sans états d’âme ni chapeau. Côté Est, l’Ampelmann conquiert rapidement les rues de la RDA et met un brin de fantaisie dans le dur quotidien socialiste. Dans les années 80, il démarre même une carrière fulgurante comme expert à la télévision. Quel est l’enfant de RDA qui ne connaîtrait pas la phrase : Halt, mein Junge, halte an, ruft der rote Ampelmann « Stop, mon enfant, stop dit le petit bonhomme rouge ».
    Puis c’est la chute du Mur. L’Ampelmann découvre, comme de nombreux Allemands de l’Est, la dure réalité du chômage. Il est banni par décret, car dans l’Allemagne réunifiée, on ne doit voir briller qu’un seul petit bonhomme – celui de l’Ouest. Misère sociale et crise d’identité aidant, l’ex-Allemagne de l’Est est soudain submergée par une vague d’Ostalgie. Notre petit héros devient alors LE symbole du « bon vieux temps », il est défendu bec et ongles par un « Comité pour la sauvegarde de l’Ampelmann ». A peu près au même moment, un designer – de l’Ouest bien entendu – découvre le filon de l’Ostalgie et décide de commercialiser notre Ampelmann. Il récupère le verre des anciens feux pour en faire des lampes et décline toutes sortes de produits à l’effigie de l’Ampelmann – du serre-livres au tire-bouchon.
    C’est ainsi que l’Ampelmann fait un retour retentissant et, en 1997, les autorités ne peuvent plus faire la sourde oreille. Du coup, les petits bonshommes au chapeau sont autorisés à reprendre du service. Aujourd’hui chaque commune allemande peut choisir si ses ressortissants traverseront la rue avec l’austère pictogramme de l’Ouest ou avec le charmant petit Monsieur venu de l’Est. Et bien sûr – parité oblige – l’Ampelmann a été rejoint en 2004 par sa collègue féminine : l’Ampelfrau.

    Texte : Jeanette Konrad
    Edité le : 17-01-07

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